Service confinement, bonjour ! – Episode 4

Patrick / les cons / audiard

— Bon, il fout quoi, l’ami Patrick ?

— Qu’est-ce que j’en sais, c’est toi qui l’a appelé.

— Je lui avais dit 20 heures tapantes. Et il est pas encore là. Dis-moi, Gertrude, quelle heure il est ?

— J’en sais rien, p’tet’ 20 heures, p’tet’ pas.

— Comment ça, « peut-être » ? elle dit quoi ta montre ?

— Habituellement, j’écoute les cloches sonner, mais…

— Mais Gertrude, tu ne les entends plus depuis l’an 40 !

— J’entendais pas les obus non plus, et c’était pas un moindre mal !

— Oui, bon si ça se trouve…

— Alors, on attend pas…Patrick ?

— Patrick, enfin !

— Comment va, Aymeric ?

— Patrick ? t’as pris un coup de vieux on dirait.

— ET TOI GERTRUDE, COMMENT TU VAS ?!

— Hein ?

— Elle est toujours aussi sourde ?

— Toujours.

— Elle ne s’arrange pas avec le confinement, elle…

— C’est sûr. Bon, ç’en est où du braquage ?

— Tout est prêt. Y’a plus qu’a espérer ne pas croiser les flics en sortant.

— Je m’en suis occupé. On dira qu’on passait voir Gertrude, ça fera l’affaire.

— Ouais. Et puis qu’est-ce que ça peut bien nous foutre, de payer cent euros chacun ?

— Doucement Patrick, on a pas fait fortune dans les Panzini, nous.

— C’est Panzani, je crois !

— On t’a pas sonnée, Gertrude !

— Alors, on y va ?

— Ouais.

— …

— …

— Gertrude ?

— Hein ?

— GERTRUDE !

— Oui ? Parlez moins fort, vous deux !

— Bon. Il est où le rayons bouquins.

— D’après Corrona, il est au fond à gauche ?

— A côté de Libé ? Et c’est Corrina, je crois ?

— Qu’est-ce que t’en sais ? Oui, à côté de Libé, y’avait plus de place ailleurs.

— Je m’en charge. Patrick, va démarrer le camion, les gens vont bientôt arrêter d’applaudir.

— J’y cours.

— Alors Gertrude, tu voulais Proust, c’est ça ?

— …

— Gertrude ?

— C’est pas pour moi, c’est pour un ami.

 

La compote au chocolat

Attention ! Cet article relève purement du concept et est directement issu de mon imagination ! L’idée n’est donc pas forcément applicable. Il en ira de même pour chaque concept que je publierai dans cette rubrique.

Le concept

Des gâteaux, des crèmes, des boissons, des mousses,…mais jamais de compotes ! C’est pourquoi il m’est venu l’idée d’un nouveau format de dégustation du chocolat. Pour une expérience culinaire davantage marquée par la légèreté qui dusse imprégner vos papilles en cas d’une dégustation qui, je l’espère, vous sera appréciable, j’ai inventé la compote au chocolat ! Je vous propose de commencer tout de suite l’élaboration de ce dessert, qui peut aussi se révéler d’un bon conseil en cas de dépression gastronomique.

La recette

Pour 12 personnes 

Vous aurez besoin de :

  • 1kg de chocolat pâtissier
  • 250g de sucre en poudre (pour pallier à l’acidité éventuelle)
  • une eau potable pour la cuisson

Questions ustensiles, rien de bien compliqué :

  • un plan de travail (pas d’échelle particulière, faire appel si nécessaire à un dessinateur)
  • un récipient quelconque, par exemple un bol (et la coupe de cheveux qui va avec, c’est préférable)
  • de quoi chauffer la préparation
  • Internet, pour accéder à la recette que vous lisez actuellement
  • un garde-manger à basse température
  • une installation électrique de bon augure, qui ne vous fasse pas défaut au moment de réaliser la fameuse recette

Temps de préparation : 20min – Temps de cuisson : 15min

Etape 1 : Compotisation

Veillez à sortir le chocolat hors du réfrigérateur au moment des faits, afin qu’une poigne de fer ne soit pas nécessaire à le découper en menus morceaux, ce que vous ferez. Là, placez lesdits morceaux dans le bol, et mettez le tout à chauffer. Une fois le chocolat bien distillé, c’est-à-dire en compote, reportez-vous à la deuxième étape.

Etape 2 : Liquéfaction et mise en pot

Poser le contenant et le contenu, l’un dans l’autre, sur le plan de travail, puis insérez-y goulûment le sucre. Veillez à ce que celui-ci soit bien incorporé au chocolat, sans pour autant dénaturer son goût. Enfin, remettez la mixture sur le feu en y ajoutant de l’eau. Après quoi votre création devra être placée à une température inférieure à 2°C durant peu ou prou 48 heures.

Etape 3 : Dégustation

48 heures après. C’est le grand jour, vous allez absorber la compote au chocolat. L’atmosphère est solennelle dans la cuisine, un rayon de soleil absorbe les dernières particules de farine qui restent de la pâte à pizza d’hier soir. Soudain, une main extirpe du garde-manger, reconverti en garde-fou pour l’occasion à la suite des tentatives d’évasion de votre recette (pas assez sucrée, je vous avais prévenu !), la fameuse compote au chocolat. Un passage inopiné dans l’essoreuse à salade lui restitue sa texture d’antan – c’est-à-dire d’il y a 2 jours – et un claquement de mains attire immédiatement toute personne présente en ce haut lieu qu’est votre domicile. On s’attable, on se lèche les babines, et on attaque la mixture : bonne dégustation !

Article fictif

Ceci est un article fictif, composée bien entendu de mots fictifs, qui serviront à faire des vues fictives sur ce blog, au même titre que des emplois fictifs ou des contraventions fictives. Car finalement qu’est-ce que la fiction ? Il semblerait que ce dû être un simple divertissement, avec pour seul outil l’imagination. Car chaque un qui voudrait l’appliquer dans la vie réelle ne saurait mener à bien son entreprise sans avoir quelques légers tracas. Surtout lorsqu’il s’agit de créer de la fiction privée (j’entends par là qui contribue à améliorer l’existence de soi) avec des éléments réels. Surtout lorsque lesdits éléments sont en fait de l’argent. De l’argent public. Et mélanger vie publique et vie privée…comme disaient Chevallier et Laspalès :

« Y’en a qu’on essayé, y’ont eu des problèmes ! »

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